Février, avec lui et ses gestes silencieux
Février est arrivé comme un souffle un peu court,
un mois où mon corps se fatigue plus vite,
où les mots des médecins restent suspendus
dans l’air tiède de la maison.
Je me sens parfois vaciller,
comme une fleur mauve trop fine
pour affronter le vent.
Mais il est là.
Mon mari.
Avec ce regard qui me cherche
dès que je bouge un peu trop lentement,
ce regard qui vérifie, sans insister,
si je vais bien,
si je tiens encore debout.
Un regard qui parle à ma place
quand je n’ai plus les mots.
Et puis il y a ses gestes,
ces gestes silencieux
qui me touchent plus que n’importe quelle phrase.
Il me prépare quelque chose
sans rien dire —
un thé, une assiette, un petit rien —
comme s’il déposait de la douceur
sur mes inquiétudes.
Il ne demande pas si j’ai faim,
il sait.
Il ne demande pas si j’ai peur,
il sent.
Quand une larme claire a glissé sur ma joue,
il n’a pas posé de questions.
Il a simplement été là,
présent comme une lumière discrète
qui refuse de s’éteindre.
Et dans ce silence partagé,
un rose fuchsia a recommencé
à battre doucement sous ma peau.
Février n’est pas tendre,
mais lui, oui.
Il marche avec moi dans ce mois incertain,
il porte un peu de mon poids
sans jamais me le dire,
il me laisse être fragile
sans me faire sentir que je tombe.
Alors même si la peur s’invite,
même si les jours sont pâles,
je sais que je ne traverse pas ce mois seule.
Il est là,
à mes côtés,
comme un souffle chaud
dans l’hiver de mes pensées.
